L’histoire d’Ibtihal

L’histoire d’Ibtihal

Retour au pays après plus d’une décennie

L’histoire d’Ibtihal

L’histoire d’Ibtihal

Assise dans le salon de sa maison endommagée par les bombardements dans le sud de la Syrie, Ibtihal, 52 ans, décrit la vague d’émotion qui l’a submergée lorsque son mari, Abu Abbas, et elle sont enfin rentrés chez eux, après douze années passées comme réfugiés en Jordanie. 

« Quand je suis arrivée et que je me suis tenue à la frontière, j’étais folle de joie et tellement émue que j’ai fondu en larmes », confie-t-elle. « Je n’avais pas vu mon pays ni ma famille depuis 12 ans. » 

Ce retour chargé d’émotion a rapidement fait place aux difficultés matérielles. Leur maison était partiellement détruite : portes et fenêtres soufflées, toit endommagé, pas d’électricité ni d’eau courante. Même le carrelage que son mari, carreleur de métier, avait posé avait été arraché par des pillards. 

« Quand j’ai revu ma maison, elle était en ruines », raconte Ibtihal. « C’est une vie vraiment douloureuse. Les besoins de première nécessité font cruellement défaut. » 

En Jordanie, la vie était devenue de plus en plus difficile pour Abu Abbas, qui peinait à trouver du travail, ce qui a pesé dans leur décision de rentrer. Depuis leur retour, il a trouvé des chantiers dans la construction et a commencé à réparer leur maison, mais la famille doit encore surmonter de nombreux obstacles. 

L’année dernière, en Jordanie, Ibtihal a été soignée pour un cancer. Cependant, les services de santé de la ville voisine de Dar’a souffrent d’un manque d’équipements, de personnel et de médicaments. 

« Il faut aller à Damas pour se faire soigner, mais les frais de transport sont trop élevés et je n’en ai tout simplement pas les moyens », explique-t-elle. 

Leur plus jeune fils, Omar, 14 ans, était scolarisé en Jordanie mais n’a pas encore pu s’inscrire à l’école depuis leur retour. Il aide actuellement son père sur les chantiers de carrelage et prévoit de reprendre ses études à la prochaine rentrée scolaire. 

Pour les familles qui retournent chez elles, l’aide humanitaire est indispensable pour leur permettre de se réinstaller en attendant de trouver un revenu stable. Le HCR et ses partenaires fournissent des articles ménagers de première nécessité, financent des réparations de logements et distribuent des aides financières d’urgence, mais les besoins dépassent largement les ressources disponibles. 

Malgré ces épreuves, Ibtihal et Abu Abbas sont heureux d’être chez eux et regardent l’avenir avec espoir. 

« Nous gardons espoir », conclut Ibtihal. « Si Dieu le veut, nous revivrons dans l’amour et l’amitié, et la vie reprendra son cours d’autrefois. »